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Bouches-du-Rhône

Marseille en trois jours : l'itinéraire entre ville et mer

Trois jours à Marseille ne se répartissent pas en trois listes de monuments : la ville s'allonge du Vieux-Port aux calanques sur une quinzaine de kilomètres de côte, et chaque journée engage un mode de déplacement différent. Le centre ancien se fait à pied, le littoral sud en bus, le massif en une journée à part. Ce découpage tient debout, à condition d'assumer ce qu'on ne verra pas.

Le Vieux-Port de Marseille et ses bateaux, basilique Notre-Dame de la Garde sur sa colline
D'une rive à l'autre, le ferry boat traverse 283 mètres.

Trois jours, trois façons de se déplacer

Marseille ne se traverse pas, elle s'étire. Le Vieux-Port occupe le fond d'une entaille ouverte à l'ouest entre le fort Saint-Jean et le fort Saint-Nicolas, et la Canebière y descend depuis la gare Saint-Charles. À partir de ce bassin, deux villes se succèdent vers le sud : le centre ancien, dense et en pente, où la voiture n'entre pas ; puis un littoral étiré, où chaque étape demande un véhicule.

Le découpage suit cette géographie plus qu'un programme : un jour dans le centre, un jour sur la côte, un jour dans le massif. Le centre se fait à pied et en métro ; la Corniche demande un bus ; les calanques, un bus puis une marche, ou un bateau. Les arrondissements tournent en spirale : le 7e pour la Corniche, le 8e pour le Prado, le 9e pour les Goudes.

Ruelle en escalier du Panier, façades ocre, volets colorés et linge aux fenêtres
Le Panier se monte par des escaliers depuis le quai.

Jour 1 : le Vieux-Port et le Panier, sans véhicule

Le bassin porte un nom plus ancien que la ville : le Lacydon, la calanque grecque qui servait de mouillage. Entre les deux rives, le ferry boat traverse 283 mètres, du quai du Port devant la mairie au quai de Rive-Neuve, place aux Huiles — la RTM la présente comme la plus courte du monde. Deux navires s'en chargent, dont un catamaran électro-solaire.

Le Panier commence derrière le quai. C'est le site de Massalia, fondée vers 600 avant notre ère sur la butte Saint-Laurent, avec son agora place de Lenche. Le quartier est rasé en janvier 1943 : mille cinq cents immeubles détruits, plus de trente mille personnes évacuées ; l'hôtel particulier de Cabre, bâti en 1535, est épargné puis déplacé en bloc pour s'aligner sur la rue.

La basilique Notre-Dame de la Garde se rejoint à pied, par des rues qui montent sans répit, ou par la ligne de bus 60 depuis le métro Vieux-Port. La colline culmine à 154 mètres ; le fort date de 1524, la basilique romano-byzantine a été entreprise en 1853 et consacrée en 1864. La vue porte à 360 degrés et sert de carte mentale.

Le Mucem et le fort Saint-Jean, côté mer

À l'entrée du port, le Mucem occupe l'esplanade du J4, bâtie sur l'ancienne digue, face à la Major, la cathédrale néo-byzantine commencée en 1852 et achevée en 1893. Une passerelle jetée au-dessus de l'eau le relie au fort Saint-Jean, dont l'origine remonte au douzième siècle : quinze mille mètres carrés d'enceinte, de jardins et de terrasses sur la rade.

Une seconde passerelle rejoint le Panier, et c'est le détail qui change la journée : on entre dans le fort par le haut de la vieille ville et on ressort sur le quai. L'enceinte et les jardins se parcourent librement ; les collections prennent une demi-journée. Le musée ferme un jour par semaine, calendrier à vérifier.

Ce secteur ne se case pas après la Corniche : c'est un cul-de-sac piéton entre deux passerelles, et la traversée des salles ne se fait pas en passant. Sa bonne place est la fin d'après-midi, quand la lumière tombe sur l'entrée du port.

Calanque de calcaire blanc et eau turquoise vue depuis le sentier, pinède et falaises
À Sugiton, la réservation ne couvre que la très haute saison.

Jour 2 : la Corniche et le Prado, en bus

La Corniche Kennedy court sur près de trois kilomètres, du palais du Pharo aux plages du Prado. Ouverte en 1863 comme simple chemin littoral, élargie entre 1954 et 1968, rebaptisée en 1963, elle enchaîne belvédères, villas du dix-neuvième siècle, le vallon des Auffes et son pont à trois arches. Le marégraphe, classé monument historique et confié à l'IGN, y mesure le niveau de la mer.

À pied, c'est une promenade sans ombre, avec des escaliers pour descendre aux plages des Catalans et du Prophète. La ligne de bus 83 longe la Corniche du Vieux-Port au rond-point du Prado, et une piste cyclable de deux kilomètres relie la plage des Catalans au parc balnéaire depuis 2019.

Les plages du Prado ont été aménagées dans les années 1970 sur des kilomètres de littoral. Elles sont les plus faciles à rejoindre en transport en commun, donc les plus chargées en été, et la surveillance dépend de la saison et de l'ouverture des postes.

Jour 3 : les calanques, et la question de l'accès

Le massif commence là où la ville s'arrête, au sud du 9e arrondissement. Chaque porte d'entrée combine un bus et une marche : la ligne 19 jusqu'à la Madrague de Montredon, puis la 20 vers Callelongue, avec quarante-cinq minutes à pied pour Marseilleveyre ; la 22 jusqu'aux Baumettes, pour Sormiou en quarante-cinq minutes et Morgiou en une heure ; la B1 jusqu'à Luminy, pour Sugiton, quarante-cinq minutes de sentier.

Sugiton est soumise à une réservation gratuite pendant la très haute saison, à cause de l'érosion provoquée par le piétinement. Elle ouvre trois jours avant la visite et se clôt la veille au soir ; cinq personnes au maximum, et le dispositif est reconduit jusqu'en 2027. Si le massif ferme, les réservations tombent.

Le reste dépend du ciel et de la préfecture. Du 1er juin au 30 septembre, l'accès aux massifs forestiers des Bouches-du-Rhône est réglementé par arrêté préfectoral : l'état est évalué chaque soir pour le lendemain, massif par massif. Un jour rouge, l'accès par voie de terre est interdit, la route des Crêtes ferme, et la visite en bateau reste possible sans débarquement.

Reste le bateau. Du Vieux-Port partent des sorties qui longent les calanques de Marseille jusqu'à celles de Cassis, et les embarcations doivent détenir une autorisation du Parc. La navette vers le Frioul et le château d'If fonctionne toute l'année ; celle qui relie le Vieux-Port à la Pointe Rouge et aux Goudes ne circule qu'en saison.

Ce qui ne rentre pas, et qu'il vaut mieux reporter

Cassis est l'impasse la plus fréquente : le village et ses calanques, Port-Miou, Port-Pin, En-Vau, sont de l'autre côté du massif et se rejoignent en train depuis Saint-Charles, ou en bateau. C'est une journée entière. Le Frioul et le château d'If, forteresse du seizième siècle rendue célèbre par Monte-Cristo, prennent une demi-journée de traversée.

Aix-en-Provence, Arles, la Camargue, la côte Bleue et l'Estaque sont autant de journées séparées. Dans Marseille même, les collections du Mucem, la Vieille Charité et le palais Longchamp demandent du temps qu'un séjour de trois jours ne laisse pas.

La saison pèse autant que le programme : le mistral, qui souffle de nord-ouest sur la région marseillaise, souvent plus fort en hiver et au printemps, et rend les crêtes désagréables ; la chaleur de juillet et d'août sur une Corniche sans ombre ; les fermetures de massifs en été. Rien de tout cela ne se prédit : l'accès aux calanques se vérifie la veille.

Sur guadeloupe.net : le guide du département des Bouches-du-Rhône.