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Bouches-du-Rhône

Venir sans voiture : train, cars et liaisons vers les sites

Marseille, Aix, Arles et Cassis se rejoignent en train sans calcul, et une bonne partie d'un séjour dans les Bouches-du-Rhône peut se faire sans voiture. Le reste demande des cars qui passent peu, ou deux journées motorisées. Voici ce qui tient debout, ce qui se complique, et comment organiser un séjour mixte sans passer ses matinées en correspondances.

Quai d'une gare régionale provençale avec une rame et un voyageur
Les gares du département sont petites : on y arrive à pied, on en repart à pied.

Quatre villes, un réseau qui suffit

Marseille, Aix, Arles et Cassis se rejoignent en train : trois de ces villes sont sur l'étoile ferroviaire marseillaise, la quatrième sur l'axe du Rhône. Marseille Saint-Charles est une gare de fond de vallée posée au-dessus du centre, d'où l'on descend au Vieux-Port par le métro. Le rythme est celui d'un réseau régional, dense aux heures de travail, plus lâche le dimanche : un séjour de quatre jours tient sans voiture, à condition de partir le matin et de rentrer en fin d'après-midi.

Aix-en-Provence a deux gares, et c'est la première source d'erreur du secteur. La gare d'Aix-centre est à deux minutes à pied du cours Mirabeau ; la gare TGV est à quinze kilomètres, dans la plaine. Une navette relie les deux, au départ du niveau moins un de la gare TGV, environ toutes les demi-heures : qui réserve pour « Aix TGV » en croyant arriver au centre ajoute une demi-heure de bus à l'aller, et autant au retour.

Le port de Cassis et ses falaises vus depuis le sentier côtier
La gare de Cassis est sur le plateau : le port se gagne à pied, ou en car.

Cassis : la gare est trois kilomètres au-dessus du port

La ligne Marseille-Toulon-Nice longe le littoral et s'arrête à Cassis, avec un train environ toutes les demi-heures en journée depuis Marseille, selon l'office de tourisme local. Mais la gare n'est pas dans le village : elle est trois kilomètres au-dessus, sur le plateau. L'office annonce une quarantaine de minutes à pied pour la descente, la baie s'ouvrant à mesure ; la remontée, sac au dos en fin de journée, est une autre affaire.

Depuis le port, les calanques se gagnent à pied : Port-Miou à une trentaine de minutes par le chemin qui longe la mer, Port-Pin quinze minutes plus loin, En-Vau bien au-delà par un sentier qui descend dans le vallon. Ce sont des randonnées, pas des promenades de bord de mer : chaussures fermées, eau, et l'heure du retour en tête avant de partir.

L'autre solution est le bateau, au départ du Vieux-Port de Marseille, quai des Belges : les rotations passent au large des calanques, certaines déposent à En-Vau, et la fréquence augmente en haute saison. Depuis 2019, les prestataires qui entrent dans le parc national doivent détenir une autorisation, signalée par une vignette : c'est le repère pour trier les offres.

Arles, et la Camargue au bout du quai

Arles se visite entièrement à pied : la porte de la Cavalerie, entrée du centre ancien, est à sept minutes de la gare, et les bus n'y pénètrent pas. Ensuite, le théâtre antique et les Alyscamps s'enchaînent sans transport : c'est l'une des rares villes du département où l'arrivée en train ne se paie pas en taxis.

C'est de là que part la liaison régulière vers le cœur du delta : un autocar quitte la gare et rejoint les Saintes-Maries-de-la-Mer en desservant le pont de Gau, où se trouve l'espace ornithologique. Les départs se comptent sur les doigts d'une main et sont largement espacés ; celui du retour fixe la fin de la visite, et il n'existe pas de repli si on le manque, sinon une nuit sur place.

Le reste de la Camargue ne se laisse pas faire. Les digues à la mer, les observatoires isolés, les rizières et les mas sont sur des routes sans desserte, et le car ne s'y arrête pas. On peut louer un vélo à Arles ou aux Saintes-Maries et pédaler vers l'étang du Vaccarès ; au-delà, il faut une voiture, ou accepter de ne voir le delta que depuis ses villages.

Un autocar régional sur une route de Camargue bordée de marais
Vers les Saintes-Maries, les départs sont espacés : celui du retour commande la journée.

Alpilles : le car arrive au village, pas au sentier

Les Alpilles sont mieux desservies qu'on ne le croit, à condition de viser les villages et non les crêtes. Saint-Rémy, Les Baux, Fontvieille, Maussane, Eygalières et Tarascon sont sur des lignes d'autocar régulières, et plusieurs gares du nord du massif, Orgon, Sénas, Lamanon, Tarascon et Saint-Martin-de-Crau, sont desservies depuis Marseille. Les gares d'Avignon et d'Arles sont à une vingtaine de minutes de route de Saint-Rémy.

Le problème n'est pas l'aller, c'est la maille : les lignes relient des villages distants de quelques kilomètres, avec peu de passages, encore moins le dimanche et hors saison. Un car qui vous dépose à Eygalières ne vous emmène pas au vallon de la Vallée des Baux ; il reste à marcher, ou à renoncer. La formule qui fonctionne est celle du village-étape : une base à Saint-Rémy, des boucles à pied ou à vélo, et un car pour changer de vallée.

Sainte-Victoire : quelques lignes, quelques arrêts, et la chaleur

La montagne est accessible sans voiture depuis Aix, mais seulement à ses portes. Au nord, la ligne 6 va de la gare routière au parking des Trois Bons Dieux, la 21 monte à Saint-Marc-Jaumegarde, la 140 pousse jusqu'à Vauvenargues en s'arrêtant à Bimont et aux Bonfillons. Au sud, la ligne 110 rejoint Puyloubier et la 13 traverse Le Tholonet avec un arrêt à Ferrageon, d'où partent les boucles des barrages.

Aucun de ces arrêts ne vous met au pied de la Croix de Provence : il reste toujours une montée, sur un versant qui chauffe tôt. Et l'accès au massif est réglementé du 1er juin au 30 septembre par arrêté préfectoral : la carte d'accès est publiée la veille au soir, et un massif fermé pour risque incendie annule la sortie. Monter à Sainte-Victoire en bus demande deux vérifications, pas une : l'heure du car et la couleur du lendemain.

Monter un séjour mixte : deux jours de train, deux jours de voiture

La formule la plus solide tient en quatre jours et deux bases. Deux journées ferroviaires, Marseille puis Cassis, ou Marseille puis Arles ; deux journées motorisées, la Camargue depuis Arles, les Alpilles ou Sainte-Victoire depuis Aix. On ne change pas d'hébergement chaque soir : Marseille pour la ville et Arles pour le delta, avec des allers-retours en train entre les deux.

La voiture se loue à la gare le matin et se rend le soir : deux jours suffisent pour la Camargue et les Alpilles, et l'on évite de la traîner en centre-ville. Sans voiture du tout, la même trame tient : le car des Saintes-Maries pour le delta, un car jusqu'à Saint-Rémy pour les Alpilles, des vélos pour les derniers kilomètres. C'est plus lent, plus dépendant des horaires, et souvent plus intéressant.

Ce qui se vérifie la veille décide plus que le programme : l'heure du dernier retour de chaque car et de chaque train, le service du dimanche, les règles d'accès aux massifs en été, la météo en mer — un mistral fort annule les bateaux —, l'eau et les chaussures. Un séjour sans voiture n'est pas un séjour au rabais ici : c'est un séjour plus court en kilomètres et plus long en haltes, à condition d'accepter de ne pas tout voir.

Sur guadeloupe.net : le guide du département des Bouches-du-Rhône.