Cassis : le port, les falaises et les sentiers
À Cassis, trois choses se marchent et une se conduit : le port et ses ruelles, les sentiers vers Port-Miou, Port-Pin et En-Vau, et la falaise du cap Canaille, qu'on atteint surtout par la route des Crêtes. La journée se compose mal quand on veut tout faire à pied. Voici comment le village, la falaise et les calanques s'articulent, et ce qui peut fermer du jour au lendemain.
Le port et le bourg, à pied, sans voiture
Le port est double : un port de pêche qui a gardé ses pointus, ces petites barques de bois peintes, et un port de plaisance où les voiliers se serrent contre les quais. Les ruines du château dominent l'un des quais. Le nom du village ne se prononce pas comme le fruit : on dit « Cass-i », sans l's final, et les habitants y tiennent.
Le long du quai, la statue de Calendal, héros du poème de Frédéric Mistral, regarde la mer ; elle est taillée dans la pierre de Cassis, ce calcaire tendre qui a servi aux digues, aux meules et au pavage des rues. Le musée municipal occupe un ancien presbytère du dix-septième siècle à quelques pas du port.
Le reste se règle à pied, entre ruelles, places à fontaine et façades pastel. C'est la partie de la visite qui ne dépend ni du vent, ni de l'état des sentiers, ni de l'arrêté préfectoral : quand tout le reste est fermé, le bourg reste ouvert.
La falaise du cap Canaille, en voiture et à pied
Les falaises Soubeyranes tombent dans la mer entre Cassis et La Ciotat, et le cap Canaille culmine à 394 mètres : le parc national les classe parmi les plus hautes falaises maritimes d'Europe. La roche n'est pas le calcaire blanc des calanques de Marseille, mais un poudingue de galets siliceux et de sable corallien déposé voici quatre-vingts millions d'années. D'où cette teinte ocre rouge.
La D141, dite route des Crêtes, court sur les sommets depuis les années 1960 et aligne les belvédères sur la baie de Cassis et celle de La Ciotat. Le parc national en pointe lui-même la limite : ces belvédères sont accessibles en voiture, à quelques secondes de marche, et la contemplation y est souvent courte. Une quinzaine de kilomètres : s'arrêter à chaque virage prend plus de temps que prévu.
Deux contraintes s'y ajoutent. La route est réservée aux piétons et aux déplacements doux le dimanche, avec des navettes depuis la ville. Et elle ferme par grand vent. Le paysage porte la trace du feu de 1982, qui a ravagé le massif de Cassis au Mugel après un barbecue sur la plage de l'Arène ; les pins des crêtes ont été replantés dans les années 1980.
Sur guadeloupe.net : les calanques et leurs accès.
Les sentiers des calanques, par paliers
Tout part de Port-Miou, à une trentaine de minutes de marche du centre, également terminus de la navette. La calanque abrite un port de plaisance, et ses flancs gardent les traces de l'extraction de la pierre de Cassis. On y entre par le GR balisé en rouge et blanc, qui devient ensuite sentier vert ; le balisage manque parfois de netteté.
Le premier palier est Port-Pin, à une quarantaine de minutes sur un sentier caillouteux, avec une descente sur roches glissantes et coupantes que le parc signale explicitement. La crique a une plage au fond et des pins d'Alep au-dessus : c'est là que s'arrêtent la plupart des promeneurs qui ne veulent pas y laisser la journée.
Le second palier est En-Vau, et il change de catégorie. Le parc annonce 7,8 kilomètres, trois heures, 360 mètres de dénivelé positif, une difficulté qualifiée de difficile et pas de boucle : on revient par le même chemin. Comptez une heure et demie depuis Port-Miou jusqu'au belvédère ; la descente finale vers la plage se fait sur un éboulis raide, avec des ressauts où il faut s'aider des mains. Deux litres d'eau par personne en été, dit le parc.
Une matinée, une demi-journée ou une journée
Le partage se fait au deuxième palier. Bourg, presqu'île de Port-Miou et crique de Port-Pin tiennent dans une matinée, avec retour au village pour le déjeuner : c'est la formule qui laisse le temps de monter au cap Canaille l'après-midi, en voiture.
En-Vau est une journée à part entière. Trois heures annoncées sans les pauses, plus la descente et la remontée vers la plage, plus le retour au village : on ne rentre pas avant la fin d'après-midi, et on ne part pas à midi en été. C'est la sortie qui exige de vraies chaussures.
À l'inverse, le sentier du Petit Prince fait le tour de la presqu'île de Port-Miou en une heure à une heure et demie, sur un terrain facile, avec la vue sur la falaise sans jamais monter au cap. C'est le choix des journées de vent et des lendemains de marche.
- Matinée : bourg, quais, presqu'île et Port-Pin, retour au village.
- Journée : En-Vau, départ tôt, eau en conséquence, retour par le même chemin.
- Sans marche longue : route des Crêtes en voiture, ou sentier du Petit Prince.
- Jour de fermeture du massif : le bourg et le port, et rien d'autre à pied.
Se garer, et à quelle heure arriver
Les parkings du centre vont d'une centaine à plus de quatre cents places, et leur distance au départ des sentiers varie beaucoup : le plus proche de Port-Miou est à un quart d'heure, les autres à trente ou quarante minutes. La place trouvée ne règle donc pas la question du sentier : c'est un quart d'heure de plus avant de commencer à monter.
La solution de repli est un parking relais en hauteur, à l'entrée de la ville, relié au centre et au départ des calanques par des navettes ; c'est ce que recommandent la ville et l'office de tourisme en période de forte affluence. Les camping-cars n'ont qu'un emplacement autorisé, avenue des Gorguettes, où la nuit est permise.
Reste le rythme. L'office de tourisme conseille d'éviter la fin de matinée et le début d'après-midi en été. La route vers les calanques peut être limitée à l'entrée selon la saison et l'affluence : stationnement et accès se vérifient la veille.
Le risque incendie décide à votre place
Du 1er juin au 30 septembre, l'accès aux massifs forestiers des Bouches-du-Rhône est réglementé par arrêté préfectoral. Chaque soir, l'État évalue le risque massif par massif et publie l'état du lendemain : accès autorisé, ou interdit. Trois massifs concernent Cassis — les Calanques, le cap Canaille, le Grand Caunet — et c'est celui qui porte votre itinéraire qu'il faut regarder.
En journée rouge, l'accès au parc national est interdit par voie de terre et la route des Crêtes est fermée d'office sur le massif du cap Canaille entre le 1er juin et le 30 septembre. La visite en bateau reste possible, mais tout débarquement est interdit. Hors saison, des fermetures exceptionnelles restent possibles en cas de sécheresse ou de vent fort.
La conséquence est simple : la décision se prend la veille de la marche, le soir, quand la carte du lendemain paraît. Un itinéraire de repli écrit à l'avance évite de se retrouver devant un panneau fermé.