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Bouches-du-Rhône

Les calanques : quelle crique pour quel usage

Trois criques se rejoignent à pied depuis Cassis, et sur une carte elles se ressemblent. Le terrain, lui, les sépare nettement : une piste large, un sentier qui plonge sous une pinède, puis une descente raide qui se paie au retour. Voici ce que chaque calanque demande réellement, l'ombre et l'eau qu'on y trouve une fois descendu, et pourquoi l'accès peut être fermé du jour au lendemain.

Sentier caillouteux surplombant la calanque de Port-Miou et ses falaises calcaires
Au-dessus de Port-Miou, la piste large domine une eau abritée du mistral.

Une même falaise, trois marches différentes

Les trois calanques s'égrènent d'est en ouest au pied du même plateau calcaire. Port-Miou touche presque la ville, Port-Pin s'ouvre derrière un verrou de pins, En-Vau ferme la série dans un val profond. Elles se suivent sur un même tracé balisé, ce qui trompe : la première se gagne sur une piste, la dernière par un sentier qui escalade et redescend plusieurs ressauts.

Le calcaire clair renvoie la chaleur et ne retient rien : pas de ruissellement, pas de source, pas de fontaine sur l'itinéraire. Pins et chênes kermès forment des buissons bas qui donnent de l'ombre par plaques, jamais un couvert continu. Sur les versants exposés au sud, la lumière tombe du matin au soir et le sol chauffe dès la fin de matinée.

  • Chaussures fermées à semelle crantée, y compris pour la courte sortie vers Port-Pin
  • Deux litres d'eau par personne au minimum en saison chaude, davantage pour En-Vau
  • Coupe-vent et chapeau : le mistral se lève sans prévenir et balaie les crêtes
Crique de galets ombragée par une pinède, eau claire et rochers polis alentour
Port-Pin est la seule des trois à offrir à la fois de l'ombre et une baignade facile.

Port-Miou : la piste, la carrière, l'eau calme

Port-Miou est une échancrure étroite d'environ mille quatre cents mètres, refermée sur une eau plate où mouillent des bateaux. On y arrive depuis la presqu'île de Cassis par une piste large et régulière, sans difficulté technique : c'est la calanque la plus accessible du secteur, et celle qui absorbe le plus de monde. Le fond de l'anse est un port, pas une plage ; on vient pour la vue sur les parois, pas pour s'allonger sur le galet.

Les falaises ne sont pas entièrement naturelles. La pierre de Cassis, un calcaire fin exploité depuis l'Antiquité, a été extraite ici à grande échelle, et les fronts de taille forment des à-pics réguliers au-dessus de l'eau. L'endroit est abrité du mistral et du vent d'est, ce qui explique qu'on y tienne debout quand la crête au-dessus est balayée. L'accès routier à la presqu'île sature vite : la navette depuis le parking relais de la ville reste la marge la plus fiable.

Port-Pin : la pinède, à condition de descendre

Après Port-Miou, le balisage quitte la piste et grimpe en lacets courts avant de basculer sur Port-Pin. La descente finale se fait sur de la roche polie, glissante quand elle est humide, coupante quand elle est sèche ; les mains servent par endroits. C'est court, mais ce n'est pas une promenade urbaine, et des semelles lisses y trouvent vite leurs limites.

En bas, une petite anse de galets, une pinède qui descend jusqu'à l'eau et de l'ombre réelle, ce qui est rare dans le massif. C'est la raison de sa fréquentation : la baignade y est simple, le fond peu profond sur les bords, et l'on peut s'installer à couvert. Le parc national signale la surfréquentation estivale du site et la saturation des stationnements de Cassis ; le retour, lui, se fait en montée et sans ombre, ce qui suffit souvent à décider de s'arrêter là.

Parois verticales de la calanque d'En-Vau et plage de galets vues depuis la mer
En-Vau, vue du large : la descente à pied arrive au fond de ce val fermé.

En-Vau : la descente décide

Au-delà du Portalet, le sentier rouge part sur la gauche et devient franchement minéral. La calanque s'ouvre entre deux hautes parois, avec un belvédère qui domine l'ensemble avant la descente. Le parc national classe l'itinéraire comme difficile, compte trois cent soixante mètres de dénivelé cumulé et près de huit kilomètres pour l'aller-retour depuis Port-Miou ; les temps qu'il annonce supposent un marcheur régulier et ne comptent ni la baignade ni les arrêts.

La descente vers la plage est raide, en escaliers irréguliers et blocs branlants, avec des passages où il faut s'aider des mains. La remontée se fait à découvert, en plein soleil, et c'est là que les jambes comptent. La plage est faite de galets, l'eau devient profonde à quelques mètres du bord, et l'ombre se limite à celle des parois selon l'heure.

Deux usages se valent : s'arrêter au belvédère, qui donne la vue sans descendre, ou descendre en acceptant de remonter. Le belvédère n'offre pas la baignade ; la descente, elle, ne se tente ni en sandales, ni avec un enfant qui ne marche pas seul, ni par forte chaleur.

Ce que la mer montre autrement

Vu du large, le massif change d'échelle : les parois tombent d'un seul trait dans la mer et les criques s'alignent comme des entailles. Les calanques de Sormiou, de Morgiou et de Sugiton, à l'ouest, se découvrent ainsi en une seule sortie, alors qu'elles occupent plusieurs vallons et que leurs routes d'accès sont fermées à la circulation motorisée une partie de la saison, sur décision municipale.

Côté Cassis, le bateau longe les falaises du cap Canaille et montre Port-Miou, Port-Pin et En-Vau sous un angle que les sentiers n'offrent jamais : celui de l'entrée de la crique, vue de la mer. La navigation reste encadrée : à Port-Miou l'ancrage est interdit et l'amarrage se fait sur bouées, la location professionnelle est réservée aux navires qui portent la vignette du parc. Débarquer sur une plage n'est pas un droit, même en bateau.

Sur guadeloupe.net : Cassis, le port et les sentiers.

L'accès régulé en été, et ce qu'il faut vérifier la veille

Du 1er juin au 30 septembre, l'accès aux massifs forestiers des Bouches-du-Rhône dépend d'un arrêté préfectoral. Chaque jour, le niveau de risque est évalué pour le lendemain et publié en fin d'après-midi, massif par massif. Une journée classée rouge ferme l'accès par voie de terre à l'ensemble du parc national, route des Crêtes comprise, et interdit tout débarquement depuis la mer.

S'y ajoute une régulation de fréquentation, distincte du risque incendie : le bord de mer de Sugiton et des Pierres Tombées est soumis à une réservation gratuite et obligatoire pendant la très haute saison, dont les dates changent d'une année sur l'autre. Sur le secteur de Cassis, la pression se reporte alors sur Port-Pin et En-Vau, qui ne relèvent pas, à ce jour, d'un dispositif de réservation.

Le mistral pèse sur les deux mécanismes. Il sèche la végétation, rend le risque incendie plus difficile à tenir et ferme la route des Crêtes en cas de vents violents. Il dégage le ciel mais ne rafraîchit pas : c'est une contrainte de terrain, pas un confort de séjour.

  • La carte quotidienne d'accès aux massifs publiée par la préfecture, mise à jour la veille pour le lendemain
  • L'éventuelle réservation exigée pour Sugiton et les Pierres Tombées, aux dates de la saison
  • L'état de la route des Crêtes et des accès routiers à Sormiou, Morgiou et Callelongue
  • La fermeture du parc pour risque incendie, parfois décidée pour le jour même